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Congrès Vitagora 2007 - Résumé des conférences


LA NUTRITION ET LE SYNDROME METABOLIQUE


D’après la communication du Pr Boris Hansel (service d’endocrinologie-métabolisme, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris)

La nutrition est un déterminant majeur de l’apparition, l’aggravation ou de la régression du syndrome métabolique. Le syndrome métabolique associe des anomalies du métabolisme glucidique et du métabolisme lipidique dans un contexte de surcharge abdominale et d’insulinorésistance.
Ce syndrome augmente fortement le risque de développer un diabète, une maladie cardiovasculaire mais également des complications hépatiques (stéatohépatite) et pulmonaires (apnées du sommeil). Chez la femme jeune, il peut être associé à des troubles de la fertilité en rapport avec un syndrome des ovaires polykystiques.

L’alimentation des patients ayant un syndrome métabolique est caractérisée par des apports de haute densité énergétique. Chez ces patients, les mesures recommandées sont une perte de poids modérée, la réduction de l’apport alimentaire en graisses saturées, l’augmentation de l’apport en fibres et aliments de faible indice glycémique, et la diminution de la consommation d’alcool.
Une perte de poids de l’ordre de 5 à 10 % est déjà très bénéfique (réduction de l’insulinorésistance, amélioration du profil lipidique…).
Il faut réduire l’apport alimentaire en graisses saturées (beurre, fromages, laitages gras, viennoiseries…) qui ne doit pas dépasser 10 % de la ration journalière (si possible 7 %) et doit être inférieure à 1 % pour les acides gras trans ; en effet, ces derniers seraient encore plus délétères que les graisses saturées pour le développement de l’insulinorésistance.La méta-analyse des études d’intervention par Hooper (1) a montré qu’un régime pauvre en graisses saturées réduisait le taux de LDL-cholestérol et le risque de survenue d’événements cardiovasculaires.
Il faut aussi encourager l’apport en fibres (20 à 35 g/j) car celles-ci exercent un effet favorable sur le contrôle pondéral, la pression artérielle et l’équilibre glycémique ; mais cet objectif est souvent difficile à atteindre. Différentes mesures diététiques se sont avérées efficaces pour réduire les facteurs de risque cardiovasculaires, par un effet qui n’est pas seulement lié à la perte de poids. Citons le régime méditerranéen, qui s’est avéré capable de diminuer la prévalence du syndrome métabolique et du risque cardiovasculaire associé. Le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension), proposé par les Nord-Américains, est assez proche du régime méditerranéen : modérément hypocalorique, enrichi en fruits, en légumes, en céréales et en produits laitiers peu gras, mais également pauvre en graisses saturées et en sodium. Mais ces recommandations nutritionnelles sont rarement suivies durablement chez la majorité des patients.

Il faut donc s’atteler à une éducation basées sur la motivation, afi n d’aider les patients à modifier progressivement leurs habitudes de vie.


1.Hooper L., et al. 2001. Dietary fat intake and prevention of cardiovascular disease : systematic review. BMJ 322 : 757-763.
2.Esposito K, Marfella R, Ciotola M, et al. Effect of a mediterranean-style diet on endothelial dysfunction and markers of vascular infl ammation in the metabolic syndrome : a randomized trial. JAMA. 2004 Sep 22 ; 292 (12) : 1440-6.
3.Knowler WC, Barrett-Connor E, Fowler SE, et al ; Diabetes Prevention Program Research Group. Reduction in the incidence of type 2 diabetes with lifestyle intervention or metformin. N Engl J Med. 2002 Feb 7 ; 346 (6) : 393-403.

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