Recherche en cours ...

Congrès Vitagora 2007 - Résumé des conférences


L'INTOLERANCE AU GLUCOSE ET LE RISQUE CARDIOVASCULAIRE

D’après la communication du Dr Marianne Zeller (laboratoire de physiopathologie et pharmacologie cardiovasculaires expérimentales, Faculté de médecine, Université de Bourgogne, Dijon)

Des travaux épidémiologiques et expérimentaux récents confirment le rôle important de l’hyperglycémie, chronique mais aussi aiguë, dans le développement des pathologies cardiovasculaires. Il existe une relation significative entre différents marqueurs sanguins du métabolisme glucidique et le risque cardiovasculaire, en particulier pour l’infarctus du myocarde.

On a observé qu’au décours des syndromes coronariens aigus, le taux de glycémie à l’admission était un facteur pronostique important. D’après une méta-analyse (1), la présence d’une hyperglycémie lors de l’admission hospitalière augmente très fortement le risque de mortalité ultérieur, chez les non diabétiques comme chez les diabétiques.

De plus, les anomalies de la glycémie sont particulièrement fréquentes et méconnues, comme l’a montré le registre RICO (Registre des Infarctus du myocarde en Côte d’Or).

Unique en France, RICO est un observatoire de patients hospitalisés pour infarctus du myocarde dans des centres hospitaliers publics et privés. Selon ses données, lors de l’admission pour infarctus myocardique, 25 % des patients ont un diabète de type 2 connu, 12 % un diabète dépisté à cette occasion, 14 % un pré-diabète ; seulement la moitié (49 %) ont une glycémie normale. La mortalité à la phase aiguë est de 4 % dans le groupe des patients normoglycémiques, de 8 % dans le groupe prédiabétique et de 14 % dans le groupe des diabétiques. Ainsi, une anomalie du métabolisme glucidique est clairement associée au mauvais pronostic.

De plus, à la phase aiguë de l’infarctus du myocarde, la présence d’un syndrome métabolique augmente le risque de développer une insuffisance cardiaque sévère, en particulier chez les femmes (+ 33 %), selon l’observatoire de la Côte d’Or (2). Et parmi les 5 composants du syndrome métabolique, la glycémie est le facteur le plus fortement corrélé au risque de développer une insuffi sance cardiaque sévère au décours de l’infarctus myocardique (3).

Parmi les différents paramètres glycémiques, c’est la glycémie post prandiale, et non l’hémoglobine glyquée ou la glycémie à jeun, qui est le plus fortement associée au risque de complications cardiovasculaires. Depuis les années 1990, des études prospectives sur de larges populations ont montré que la valeur de la glycémie 2 heures après une hyperglycémie provoquée orale (HGPO) était un facteur prédictif indépendant du risque d’événements cardiovasculaires chez des patients ayant une intolérance au glucose.

L’étude prospective « Euro Heart Survey on Diabetes and the Heart » a statué en faveur de l’HGPO pour identifier les anomalies du métabolisme glucidique chez coronariens aigus (4). Or une anomalie de ce type nouvellement diagnostiquée est en effet associée à une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires, comme le montrent les données de suivi à long terme des coronariens (4). De plus, l’importance de l’athérosclérose sub-clinique,

représentée par l’épaisseur l’intima/média, est directement corrélée à la glycémie mesurée non seulement à 2 heures, mais surtout au pic de glycémie, après la charge en glucose.

En conclusion, si la mesure de la glycémie à l’admission autorise le démarrage de stratégies thérapeutiques dès la phase aiguë de l’accident coronaire, la glycémie à jeun et le test d’HGPO réalisés au cour du séjour hospitalier représentent des outils diagnostiques et pronostiques particulièrement intéressants dans le cadre de la prévention secondaire.

 

D’après la communication du Dr Marianne Zeller (laboratoire de physiopathologie et pharmacologie cardiovasculaires expérimentales, Faculté de médecine, Université de Bourgogne, Dijon)

1.Capes SE, Hunt D, Malmberg K, et al. Stress hyperglycaemia and increased risk of death after myocardial infarction in patients with and without diabetes : a systematic overview. Lancet. 2000 Mar 4 ; 355 (9206) : 773-8.
2.Gami AS, Witt BJ, Howard DE, et al. Metabolic syndrome and risk of incident cardiovascular events and death : a systematic review and meta-analysis of longitudinal studies. J Am Coll Cardiol. 2007 Jan 30 ; 49 (4) : 403-14.
3.Zeller M, Steg PG, Ravisy J, et al ; Observatoire des Infarctus de Cote-d’Or Survey Working Group. Prevalence and impact of metabolic syndrome on hospital outcomes in acute myocardial infarction. Arch Intern Med. 2005 May 23 ; 165 (10) : 1192-8.
4.Bartnik M, et al. Oral glucose tolerance test needed for appropriate classification of glucose regulation in patients with coronary artery disease. A report from the Euro Heart Survey on diabetes and the heart. Heart. 2007 Jan ; 93 (1) : 72-7.

Plan du site - Mentions légales - Création site internet : Oréalys

 Nutrialpha, un service proposé par:
 

Ce portail est cofinancé par l’Union européenne.
L’Europe s’engage en Nord - Pas de Calais avec le Fonds Européen de Développement Régional.